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Wilhem

Artilleur à pied.

Il venait de Bourgogne,

mais on disait qu’il portait l’orage en lui.


Quand il quittait l’uniforme, il reprenait les guides.

Les chevaux connaissaient sa voix, la vigne connaissait ses pas, la forêt son passage.

Il menait les attelages avec assurance, tirant la charrue, le bois ou l’outil comme d’autres mènent une troupe.

Il savait que la vraie force n’est rien sans mesure.


Au régiment, cette science-là faisait la différence.

Il sentait le terrain, anticipait l’effort, plaçait la pièce comme on place un attelage.

Au moment du tir, quand la bouche du canon crachait le feu, on jurait entendre le même grondement que dans les bois par temps d’orage.


Les camarades riaient :

Mais tous savaient qu’après le fracas venait toujours la précision.

Jamais de geste inutile.

Jamais de coup mal donné.


À la veillée, il levait le verre.

À la manœuvre, il levait la pièce.

Et quand le canon parlait, on disait :

"Ecoutez, ...c'est le Tonnerre de Bourgogne"

« Écoutez… c’est le Tonnerre de Bourgogne. »

« Écoutez… c’est le Tonnerre de Bourgogne.


Wilhem
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